† GOTHIQUE ROMANTIQUE †

† DISCUSSIONS, PARTAGE, DEBATS, INFORMATIONS, MUSIQUE, LITTERATURE, EVENEMENTS †
 
AccueilFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Ramones (punk)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Psykotronik
Modérateur
Modérateur
avatar

Masculin
Nombre de messages : 559
Age : 37
Localisation : Landes (40)
Réputation : -1
Date d'inscription : 05/08/2008

MessageSujet: Ramones (punk)   Sam 20 Sep - 15:51

The Ramones



Voilà un de mes groupes préférés, voire MON groupe préféré, officiellement c'est le premier groupe punk de l'histoire de la musique, ils étaient complétement décalés et ils ont révolutionné le monde du rock grâce à leur style minimaliste, speed, agressif et déjanté. Mes idoles !

Présentation de Wikipedia :

Les Ramones étaient un groupe de punk rock originaire de New York et qui fait partie des premières formations du mouvement punk. Fondé en janvier 1974, le groupe enregistra 14 albums en studio et effectua de nombreuses tournées avant de se séparer en 1996. Leur look se détachait par son minimalisme et son aspect négligé : cheveux longs, blousons de cuir des années 1950, jeans déchirés aux genoux. Ce style sera repris plus tard par le mouvement grunge. Ils n'hésitaient pas à jouer avec l'humour noir accompagné d'une musique entrecoupée de slogans, comme par exemple « Beat on the brat with the baseball bat » - qui signifie en français : « Tape sur le môme avec une batte de base-ball » - ou le titre provocateur de Blitzkrieg Bop, une allusion à la guerre menée par l'Allemagne nazie, « blitzkrieg », le deuxième sens de cette chanson étant un hommage aux kids fans des Ramones qui se déchainent dans leurs concerts, ainsi que « Today your love, tomorrow the world » en référence au fameux « Aujourd'hui l'Allemagne, demain le monde » de Hitler. Naturellement, ces titres ne sont que de la provocation punk.

Les quatre Ramones ont influencé avec quelques mois d'avance les kids urbains de la première vague punk anglo-américaine, en particulier The Clash et les Sex Pistols. En 1976, ils enregistrèrent un album avant de tourner en Angleterre. Les Ramones furent produits par Phil Spector en 1979 pour l'album End of the Century qui sortit dans les bacs en 1980.



1973-1976: Quatre Garçons du Queens

Forest Hills, Queens. Douglas Colvin, futur Dee Dee Ramone débarque de Berlin, seul avec sa mère, au début des années 1970. Le père, un sergent de l'armée américaine qui les a trimballés un peu partout en Allemagne, boit beaucoup et cogne sur tout le monde. S'ils émigrent, c'est pour sauver leur peau. Douglas n'aimait pas l'Allemagne, il est terrorisé par les États-Unis. Sa mère se remet à boire et lui s'attaque à l'héroïne. Dee Dee témoigne:

"Quand j'avais quinze ans, j'ai commencé à acheter de la dope à la fontaine de Central Park et je la ramenais dans mon quartier du Queens. J'achetais quinze quépas à deux dollars, que je pouvais revendre trois. Le paquet à deux dollars me faisait l'affaire pour la journée. À l'époque, la dope à New York venait de France et c'était du bon matos qui te faisait planer et piquer du nez. De la vraie dope. Un jour, je suis tombé en manque chez ma mère, elle m'a retrouvé tremblant et geignant. Ca l'a mise dans une colère noire, elle a cassé mes disques et lancé ma guitare par la fenêtre. Comme mon père n'était plus là, elle ne me faisait plus peur et j'ai hurlé: "Fous le camp d'ici, sale pute, dégage !" Après ça, j'ai dû quitter la maison. J'avais quinze ans, j'étais dans une merde totale. Une fois, j'ai passé trois mois au trou en Indiana, pour un casse de station essence. Et personne ne s'est occupé de me faire sortir. J'ai appelé ma mère, mon père, tous les gens que je connaissais. Je suis resté trois mois en cellule. En sortant, je suis retourné dans le Queens. Je suis rentré chez ma mère et il y avait ce type, John Cummings, qui est devenu Johnny Ramone. Il habitait de l'autre côté de la rue, et il était cool avec moi."

John Cummings est l'unique fils d'un ouvrier en bâtiment. Enorme fan des Yankees, il voulait être joueur de base-ball professionnel. Il passe deux ans à l'école militaire, trouve que c'est un job formidable et que ça devrait être obligatoire pour tout le monde. En 1973, il voit les New York Dolls sur scène pour la première fois au Mercer Arts Center. Il raconte: "En les voyant, on a réalisé que c'était un grand groupe, et qu'ils ne jouaient pas tellement bien. Donc, on pouvait envisager de se passer de travailler sa guitare vingt ans avant de jouer du bon rock 'n' roll." Ce qui lui servira de leçon.

Johnny travaillait pour une boîte de nettoyage à sec et Dee Dee le voyait régulièrement faire ses livraisons. "Je le trouvais cool parce qu'il s'habillait comme il voulait, même pour le boulot. Il avait les cheveux longs, un bandeau délavé, jeans, une veste Levi's, et des Keds toutes pourries. Alors, on se regardait, l'un l'autre." déclarera Dee Dee. Ils finissent par se parler et se rendent compte qu'ils aiment tous deux les Stooges et les New York Dolls. Ce qui est assez exceptionnel, dans le quartier, pour qu'ils commencent à être amis. Au début des années 70, Jimi Hendrix, Janis Joplin et Jim Morrison sont morts. Le rock, maintenant, c'est America, Genesis, Queen, Rod Stewart, ... Les deux garçons détestent.

Les Stooges ne jouaient que tous les neuf mois à New York. Chaque fois qu'ils y ont joué, Johnny et Dee Dee y étaient aussi. Iggy Pop, peint en doré, vomissant pendant une demi-heure de gig, accompagné à la guitare par Ron Asheton, croix gammée dans le dos de son cuir noir... Tout cela leur semble cohérent.
Les Ramones sur scène en 1977.
Les Ramones sur scène en 1977.

Johhny traîne avec un dénommé Mickey. En revanche, il ne veut pas entendre parler de son petit frère, Jeffrey Hyman (atteint de la maladie de Marfan et de T.O.C), futur Joey Ramone. Parce que c'est le genre à se promener sans chaussures, a traîner à San Francisco avec des hippies. Et Johnny déteste les hippies. À l'époque, Joey porte un énorme afro rouge du Jimi Hendrix Experience. Et, déjà, des petites lunettes noires. Peut être que ce souvenir marquera durablement l'esprit de Johnny, qui (pendant les 22 ans que dureront les Ramones) sera inflexible jusqu'au caractériel sur le code vestimentaire.

Les parents de Joey divorcent quand il a huit ans. Commence alors l'enchaînement des beaux-pères. Sa mère est artiste et collectionneuse d'art... et d'hommes. Gamin, Joey écoute la fameuse R&R Radio sous sa couette, se gavant de Buddy Holly, Gene Vincent, Elvis Presley, Bob Dylan, MC5, Beach Boys... et révère John Lennon. À part les Stooges et les Dolls, les Beatles sont le seul groupe dont tous les Ramones sont d'accord pour dire que "ça le fait". Ils le seront de nouveau, dans les années 90, sur le cas Nirvana.

Dee Dee est plus souple que Johnny en ce qui concerne les hippies. Il trouve que c'est toujours drôle de voir la façon dont Joey s'habille. Et, surtout, il se cherche un copain de défonce et Joey - s'il ne supporte pas de fumer un pétard sans se recroqueviller en geignant- aime le vin et la picole en général. Terrain d'entente et début d'une amitié. Ils se retrouvent régulièrement pour s'acheter des bouteilles, vont s'asseoir quelque part en ville et boivent toute la journée. Ils insultent quelques personnes et se racontent des trucs.

Par contre, Joey n'aime pas la colle. Donc, quand il s'agit de se mettre la tête dans le sac, c'est avec Johnny que Dee Dee grimpe sur les toits. Ils se trouvent des activités: récupérer des postes TV avant que les éboueurs ne passent, et les lancer du haut des toits pour que l'explosion effraie les passants. Il paraît que l'impact vaut le détour: "On en avait tout spécialement après les petites vieilles qui poussaient leur caddie plein de commissions." À part ça, Dee Dee connaît des numéros de téléphone qui font un "bip bip" fascinant une fois qu'on a collé. Ça peut lui faire sa journée: "Quand on a seize ans, qu'on est fou de rage et qu'on s'ennuie, on a intérêt à être sacrément créatif pour provoquer quelque chose d'excitant."

Puis Joey se fait mettre à la porte par sa mère, pour "son propre bien". Parce qu'elle en a marre de voir son fils ne rien faire et qu'elle pense que ça le réveillera. Rétif à démolusquer, il squatte illico presto la galerie d'art de sa mère. Il invite Dee Dee à dormir par terre, au milieu des toiles, avec lui. Pas de meubles, rien du tout. Mais c'est quand même la maison. Joey peint. Il malaxe des carottes, des laitues, des navets et des fraises et peint avec. Il enregistre des trucs : le buz des lampadaires, le bruit d'un ballon dans un panier de basket-ball, le tonnerre, et les écoute en boucle, songeur. Joey a fait un séjour en HP. Ce qui fait que Dee Dee le respecte. Parce qu'il en est ressorti, alors que la plupart de ceux qui y sont passés n'en décollent plus. Et, surtout, parce qu'il s'est fait un tas de copines super gentilles avec lui, et toujours prêtes à rendre service.
Les Ramones sur scène.
Les Ramones sur scène.

C'est pourquoi Johnny commence à l'apprécier, bien qu'il ne le prenne pas au sérieux. En tant qu' ex-pensionnaire d'HP, il veut bavarder avec lui. Johnny affectionne tout ce qui est mauvais d'esprit. Charles Manson lui est sympathique. Tout ce qui est malade, violent ou dément l'intéresse. À cette époque-là, Joey vire radical glitter, comme beaucoup d'autres et chante dans son premier groupe, Sniper. Cheveux longs, veste imitation satin noir, gants de cuir, platform-boots lavande... il lui arrive de voler des robes, des bijoux et du maquillage à sa mère. Il s'inspire d'Alice Cooper. Il sera atrocement déçu en apprenant que celui-ci n'est pas un véritable nécrophile.

La toute première fois que Dee Dee voit Joey sur scène, au chant avec son groupe, il est époustouflé. Le visage dissimulé derrière son abondante chevelure, le corps déséquilibré penché vers le micro, statique du début à la fin, il impressionne.

Dee Dee tente par tous les moyens de payer sa dope. Bel androgyne juvénile, il tapine de temps à autre, ce qu'il évoquera dans le titre "53rd & 3rd", mais moins souvent en interview. Il s'essaye à la délinquance, mais la fois où il se retrouve dans un lavomatic en croyant braquer une épicerie le décourage rapidement. Il se trouve donc un job de bureau. Il est chargé de prendre le courrier, de le trier et de le distribuer aux employés. Johnny, quant à lui, bosse sur un chantier à Broadway. N'étant pas loin du bureau de Dee Dee, il se retrouvent tous les midis. En général, ils vont au Métropole, un club de go go, et boivent des bières, avant de faire un tour chez Manny's Guitar Store, où ils regardent la vitrine. Ils parlent de monter un groupe.

Le vendredi 23 janvier 1974, c'est jour de paye. Johnny s'achète une Mosrite bleue et Dee Dee une basse Danelectro. 50$ chacune. Ils appellent Joey pour lui demander s'il veut jouer avec eux et ce dernier répond "yeah". Dee Dee affirme qu'à l'époque, tous les chanteurs voulaient ressembler à Iggy Pop ou à Mick Jagger. Tous sauf Joey, qui avait déjà son propre style. Les premières répétitions se déroulent dans le local tenu par Tommy Erdelyi et Monte Delnick, à Manhattan. Le premier deviendra leur batteur, sous le nom de Tommy Ramone, le second leur "road manager".
Joey Ramone en concert.
Joey Ramone en concert.

Né à Budapest (Hongrie) en 1952, Tommy arrive aux États-Unis en 1956. Il a déjà joué comme guitariste avec Johnny et le frère de Joey, dans un groupe appelé les Tangerine Puppets, qui reprenait des morceaux des Shadows of Knight, Count Five ou des Stones... Depuis, il est devenu ingénieur du son à Manhattan au studio Record Plant, où il a notamment travaillé sur le mix de "Band Of Gypsys" de Jimi Hendrix ou sur le "Devotion" de John McLaughlin. Les premières fois qu'il les entend jouer, il les trouve complètement nuls. Mais excitants. Comme ils s'acharnent et reviennent toutes les semaines, Tommy s'intéresse à leur cas et se laisse séduire. Convaincu de l'originalité et de l'intérêt du projet, il devient leur manager.

"On imaginait très bien ce qu'on devait faire avant d'être capable de le faire." Il ne faut pas omettre que, faute de savoir jouer, ils sont tous d'immenses fans de rock'n'roll. Plus tard, le débat de savoir s'ils sont de légitimes primitifs ou de brillants poseurs fera rage (non sans raison tant leur concept est imagé et travaillé), mais leur rapport au rock n'est pas interrogeable. Les quatre gamins du Queens n'ont absolument rien rencontré d'autre sur leur passage qui puisse tout autant leur parler et les maintenir en vie. Ils ont tous une solide culture musicale et garderont tout au long de leur parcours une curiosité et une saine jalousie pour tout ce qui sonne juste et violent à la fois.

Joey commence par la batterie, mais se trouve rapidement coincé parce que les autres jouent de plus en plus vite et qu'il ne peut pas suivre. Dee Dee chante en même temps qu'il joue la basse mais il ne parvient pas à allier les deux avec le même talent et, de plus, il s'enroue rapidement au chant. Ce qui fait que Tommy, second guitariste à la base, devient le batteur du groupe, ce qui permet à Joey de passer au chant. Ils aimeraient faire des reprises de morceaux bubble-gum, type "Bay City Rollers". Heureusement, ils en sont incapables et doivent écrire leurs propres trucs.

Vient alors le moment où il faut trouver un nom de groupe. Dee Dee propose "The Ramones", parce qu'à l'époque des "Silver Beetles", Paul McCartney s'affublait du pseudonyme de Paul Ramone dans les hôtels. Cependant, dans d'autres interviews, Dee Dee explique que c'est à cause du producteur Phil Ramone. En tout cas, Ramones ça fait gang et ça a du cachet. Même code vestimentaire, même nom de famille, la notion de solidarité tient le combo d'aplomb. On les appellera "les frangins" et toutes les chansons du premier LP sont signées "Ramones".



Les débuts

Le groupe sort un premier album, Ramones en 1976 (33è meilleur album de tous les temps selon Rolling Stone) puis Leave Home et Rocket to Russia en 1977. Ces trois albums s'avèrent être les meilleurs albums du groupe. Tommy se retire du groupe et laisse sa place à Marc Bell alias Marky Ramone. Le groupe sort ensuite Road to Ruin en 1978 un album entre pop et hard-rock.



Blitzkrieg Bop (1976)



Dernière édition par Psykotronik le Sam 27 Sep - 15:45, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://psykotronikmoviz.skyrock.com/
Psykotronik
Modérateur
Modérateur
avatar

Masculin
Nombre de messages : 559
Age : 37
Localisation : Landes (40)
Réputation : -1
Date d'inscription : 05/08/2008

MessageSujet: Re: Ramones (punk)   Jeu 25 Sep - 23:56



1979-1980: La période Phil Spector

En 1979, ils commencent à travailler sur l'album qu'ils vont enregistrer avec Phil Spector, le "Roi de la Pop": End of the Century. L'idée de travailler avec lui vient de Joey Ramone et Seymour Stein, qui reconnaîtra plus tard: "Je n'y avais peut être pas réfléchi assez longuement". À la recherche du fameux tube, toujours. Phil Spector vient les voir lors d'un gig au Whiskey et l'enregistrement commence en mai 1979. Mais la fameuse rencontre des deux "murs du son" ne se fera pas dans la bonne humeur (blessure et insécurité de part et d'autre). Chaque pierre apportée à l'édifice aura son prix.

En studio, Phil Spector peut passer dix heures sur l'intro de "Rock 'n' Roll High School", ce qui rend Johnny nerveux, d'autant que son père est mort depuis peu. Le concept des vingt prises, il veut bien, les bizarreries, il veut bien, mais se faire insulter, il n'en peut plus. Mais celui pour qui l'enregistrement est le plus terrifiant, c'est Dee Dee. Une nuit qu'ils sont chez Spector, il veut rentrer dormir à l'hôtel. Spector braque son arme sur lui, puis lui ordonne de s'asseoir et leur joue "Baby, I Love You", en boucle et au piano, durant toute la nuit. Dee Dee perd complètement son sens de l'humour mais Joey et Marky souffrent moins que les deux autres. Marky est en effet fan de Hal Blaine, batteur régulier des séances de Phil Spector.

À la base, le producteur voulait enregistrer un album solo pour Joey Ramone. Sa voix serait l'équivalent "mâle" de celle de Ronnie Spector, la chanteuse des Ronettes. Plus épaté que traumatisé, Joey confirmera les délires "sadico-délirants" du producteur: "Si jamais un étranger pénétrait dans le studio, tout s'arrêtait. Ça mettait Phil dans tous ses états. Personne ne pouvait entrer qu'il ne connaissait pas. Il y avait une pute qui traînait là, il l'insultait continuellement. Je crois bien que c'était pour ça qu'elle était payée, s'en prendre plein la gueule. Et la pièce de contrôle était glacée comme un frigo".

En janvier 1980, l'album End of the Century sort enfin. C'est une de leurs meilleures ventes. Et leurs deux premiers hits (pas numéro 1, mais hits quand même) en Europe: "Baby, I Love You" et "Do You Remember Rock 'n' Roll Radio?". Mais comme l'album a coûté 700 000 $, ça ne leur rapportera pas grand chose. La critique est laudatrice: Phil Spector est parvenu à adoucir le son Ramones sans passer par le "je-te-dresse". Car l'album garde tout de même un "côté punk", symbolisé par l'excellent "Chinese Rock", de Dee Dee Ramone & Richard Hell, et déjà présente sur le premier album des Heartbreakers. Tous ceux qui étaient convaincus que le groupe enregistrait toujours le même disque en sont pour leurs frais.

Ils ont même... tombé le perfecto pour la photo de la pochette. Contre l'avis de Johnny, bien sûr, qui ne voit pas du tout ce genre "d'excentricité" d'un bon œil. L'album se vend certes mieux que les autres mais ne tombe pas pour autant bien. C'est l'explosion du punk, qu'ils ont eux-même provoquée, et c'est l'époque où ils choisissent d'en adoucir l'image... mauvais timing.

Joey aime l'album et fera toujours savoir par la suite qu'il serait ravi de retravailler avec Phil Spector. Dee Dee, en revanche, déteste. La première fois qu'il entend la version définitive de "I'm affected", il est dans le camion avec les autres, et il a du mal à le croire tellement il trouve ça nul. Il ne manquera plus une occasion de le faire savoir. Sentant qu'il perd de l'affection et de l'attention, le bassiste panique et devient encore plus pénible et commence à énerver tout le monde. Dee Dee est définitivement hors-contrôle.

Johnny et Marky, de leur côté, sont satisfaits. Le premier, mis à part "L'Affaire du Perfecto", trouve que c'est du bon boulot: "Il nous a produits à sa façon, mais sans essayer de changer ce qu'on est". Le second est fasciné par le son de sa propre batterie. Mais ils sont bien conscients que c'est la première et la dernière fois qu'ils sont produits de cette manière.



I Wanna Be Sedated (1978)



Dernière édition par Psykotronik le Sam 27 Sep - 15:46, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://psykotronikmoviz.skyrock.com/
Psykotronik
Modérateur
Modérateur
avatar

Masculin
Nombre de messages : 559
Age : 37
Localisation : Landes (40)
Réputation : -1
Date d'inscription : 05/08/2008

MessageSujet: Re: Ramones (punk)   Sam 27 Sep - 15:17



1980-1985: Des Temps de Crise

Joey et Johnny s'embrouillent régulièrement, méchamment. Il faut "trouver ce qui ne va pas dans le groupe" et ils ne sont pas d'accord sur la logique à suivre. Depuis le départ de Tommy, qui avait une idée claire des orientations, le vide a été comblé par Johnny, en tant que leader du combo. Dee Dee raconte:

"Aucun manager ne nous a récupérés autant d'argent que Johnny. Dans l'industrie du disque, on obtient jamais rien facilement. Il faut gueuler, menacer, se battre et tutti quanti... il faut se battre pour chaque chose, chaque aspect de sa vie quotidienne. Pour obtenir un concert, prendre la route, faire que tout soit en place en arrivant, jouer dans de bonnes conditions, récupérer l'argent, tout le matériel, dormir et manger... quelqu'un doit s'occuper de tout ça et Johnny le faisait bien. Mais ce n'est pas le genre de job qu'on te remercie pour avoir fait. Tout ce qu'on retient, c'est que tu gueules tout le temps." Il reconnaît aussi que "Johnny prenait beaucoup de décisions artistiques pour un gars qui n'écrivait pas de chanson."

Au retour de Los Angeles, Dee Dee s'est marié avec Véra. Ils se sont installés à Whitestone, mignonne petite banlieue dans le Queens. Appartement propre et bien équipé. Il y restera dix ans: "Je ne me suis jamais senti chez moi là-bas. Juste paranoïaque". Le lendemain du mariage, bien qu'il y ait voyage de noces, il décolle pour Helsinki, où il y a concert.

Hors camion, les autres membres n'ont pas vraiment de vie. Dee Dee est le seul assez fou-furieux pour se débattre encore et trouver l'énergie de se sentir singulier, et enfermé dans le groupe. Ce qui l' avait d'abord protégé commence à l'étouffer. Il veut se laisser pousser la barbe, pour emmerder les autres, "Comme Fidel Castro, comme les ZZ Top, comme tous les grands rebelles". Il se couvre de tatouages, s'achète des montres qu'il porte jusqu'à six par poignets... n'importe quoi pour ne pas disparaître entièrement dans ce qui ressemble de plus en plus à un naufrage... Dans sa turbulence, Dee Dee est l'icône même de l'increvable...

En 1980, les membres du groupe ne s'adressent même plus la parole. Ils donneront quand même 155 concerts cette année-là.

Groupe humainement à la débâcle ou pas, leurs sets restent impeccables. Ils n'ont jamais été condescendants envers leurs fans. Si ceux-ci se déplacent et payent pour les voir, eux donnent tout ce qu'ils doivent. Ils n'envisagent jamais de se séparer: les Ramones ne savent faire rien d'autre que les Ramones. Mais surtout, méprisés par le Mainstream ou pas, ils sont farouchement persuadés de jouer dans le meilleur groupe du monde et, quoi qu'il leur en coûte, estiment que ça en vaut la peine.

Joey semble le moins affecté par le manque de succès. Leurs errances artistiques lui seront plus pénibles. Ils ne renouvellent pas le contrat de management qui les liait depuis 5 ans avec Danny Fields et Linda Stein. Pas d'engueulades, Danny lui-même comprend qu'ils aient envie d'essayer quelqu'un d'autre. Ils sont remplacés par Kurfist, un ancien, mais ça ne changera pas grand chose... Au programme: tourner comme du bétail, enregistrer d'excellents disques qui ne dépassent pas les ventes habituelles... La page "rigolote" de leur histoire est définitivement tournée. Dee Dee commence même un délire psychiatre... toujours fourré chez le médecin, toujours à moitié décrocher en même temps que rechuter...

En mars 1981, ils enregistrent Pleasant Dreams (certainement leur album le plus pop) avec Graham Gouldman, de 10cc, comme producteur. La chanson d'ouverture est pourtant claire: "We Want the Airwaves" ("Nous voulons les ondes"). Mais cette fois, et ce malgré l'excellent et célèbre "The KKK Took My Baby Away", l'accueil tend à l'exécrable. Les Ramones commencent même à passer complètement inaperçu, même si les ventes ne chutent pas. Le public de base restera fidèle jusqu'à la fin. Chaque année, ils se fadent leurs 100 concerts... Stakhanovistes impénitents, ils triment au rock comme au charbon. La malédiction leur plombe la vie et semble se plaire au dessus de leur tête.

La crise d'identité continue avec Subterranean Jungle (1983). Un album qui tente de s'inscrire dans la lignée des quatre premiers, dont le titre le plus connu est "Time Has Come Today", de Willie et Joseph Chambers. Le groupe est désabusé et le disque rapiécé par Walter Lure, des Heartbreakers, qui dispense quelques solos de guitare. Ce 7è album est considéré comme le plus mauvais jamais enregistré par les Ramones.

Marky, qui exagère sur l'alcool, rate un concert parce qu'on ne le laisse pas prendre l'avion, trop saoul. Il quitte le groupe, remplacé en février 1983 par Richard Reinhardt, Richie Ramone. En août de la même année, à la sortie d'un concert, Johnny se bat avec un punk de Sub Zero Construction, à propos d'une fille trop bourrée.

Crâne fracassé, il est hospitalisé pour une opération au cerveau, sa vie est en danger. Il fait la "une" de tous les journaux de New York. Heureusement, il récupère et rejoint le groupe, crâne rasé. Il a trouvé un titre pour le prochain album, le 8è, qui marque leur dixième anniversaire.

Les Ramones enregistrent Too Tough to Die, qui se rapproche du punk hardcore, avec Tommy Ramone et Ed Stasium au son. Le disque sort en octobre 1984, avec comme principaux titres "Too Tough to Die" (qui a donné son nom à l'album), "Durango 95" (titre instrumental qui ouvrira dès lors la plupart de leurs concerts) et "Wart Hog" (symbole du virage hardcore). Les critiques sont plus enthousiastes que jamais, tout le monde autour d'eux annonce une fois encore "cette fois, ça y est, ça va péter", tout le monde y croit... tout est réuni pour que ça arrive: le disque, le son, l'époque... Mais rien n' arrive de particulier. Les ventes du disque ne décollent pas.

Mais les Ramones sont avant tout à nouveau en phase avec leurs fans, notamment à Amsterdam, aux Pays Bas, où le groupe se produit devant plus de 250 000 personnes.



Sheena Is a Punk Rocker (1977)

Revenir en haut Aller en bas
http://psykotronikmoviz.skyrock.com/
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Ramones (punk)   Ven 3 Oct - 14:11

Ooooh Ramones =D
C'est trop du punk (L)

J'aime énormement !!
TMTC
Revenir en haut Aller en bas
Bloody Lily
Goule
Goule
avatar

Féminin
Nombre de messages : 10
Age : 21
Localisation : Quelque part
Réputation : 0
Date d'inscription : 08/12/2009

MessageSujet: Re: Ramones (punk)   Dim 11 Juil - 20:59

J'adore les Ramones et j'adore New York ! Cette ville a tellement donné pour le Rock'n'Roll Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Ramones (punk)   

Revenir en haut Aller en bas
 
Ramones (punk)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [Style] Punk
» Tron, ou le retour de Daft Punk !
» Ch'punk
» Daft Punk : le retour !
» MAC PUNK COUTURE Collection

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
† GOTHIQUE ROMANTIQUE † :: Musique :: Le Rest du Son ! :: Punk-
Sauter vers: